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Les nouvelles de l'Yonne

LOGEMENT

 Avec la loi ELAN présentée au Conseil des Ministres mercredi 4 avril, le logement social et les offices, notamment les offices municipaux sont en grand danger.

 Un premier coup leur a été porté cet automne avec l’obligation qui avait été faite aux bailleurs sociaux de baisser les  montants des loyers pour compenser la baisse des APL.

 Destruction de l’organisation du logement social :

 Obligation pour les offices de moins de 15 000 logements de se regrouper dans les trois ans qui viennent. Cette décision amènerait inévitablement à la création de grands groupes dans lesquels les élus locaux n’auraient plus la maîtrise des constructions ou rénovation sur leurs territoires.

 Pour la Fondation Abbé Pierre, cette mesure va « priver les élus d’un outils essentiel pour les politiques publiques locales de l’habitat ».

 Vente de 40 000 appartements :

 Il s’agit par cette vente de pallier le désengagement de l’État. Ce type de vente a déjà été tenté par le passé. Les objectifs ont été loin d’être atteints et bien souvent des ménages à faible revenu devenus propriétaires ont alors connus de graves difficultés financières.

 D’autre part et sur certains parcs HLM, c’est la mixité sociale qui sera remise en jeu. On peut aussi craindre que certains offices ayant un parc de qualité soient tentés de vendre certains appartements à la découpe et fasse pression sur des locataires en place n’ayant pas les moyens d’acheter pour qu’ils s’en aillent.

 De nouvelles constructions de moins bonne qualité :

La Loi ELAN prévoit de revoir à la baisse certaines normes et procédures de constructions pour aller plus vite. Les grandes entreprises du bâtiment se frottent déjà les mains. Plus grave encore, seuls 10% seulement des nouveaux appartements seront construits aux normes handicap contre 100% actuellement.

 Seuls 2 000 personnes handicapées ou âgées avec difficultés de mobilité pourront ainsi accéder à ces nouveaux logements. Cela porte un nom : régression sociale.

Un bail précaire pour les précaires :

 Ce bail a été l’objet de nombreuses critiques et sous la pression des associations il a été quelque peu amendé. Par exemple il n’est plus renouvelable et il est destiné à des publics bien ciblés.

 Deux dangers cependant : « un bail pour les précaires c’est la double peine pour ceux qui subissent déjà la précarité dans le travail » explique M. Domergue, Fondation Abbé Pierre. Pour Ian Brossat, adjoint communiste au logement à la Mairie de Paris « c’est une loi très libérale qui fragilise le logement social et précarise le locataire » de plus « A Paris nous craignons une dynamique un peu similaire à celle des Air nb avec le fait du développement de ces baux précaires au détriment de baux classiques ».

 Loyers : l’encadrement reste expérimental :

 Le droit à l’expérimentation c’est tout ce qu’a accordé le Gouvernement en matière d’encadrement des loyers. Pour la CNL (Confédération Nationale du Logement) « Avec la loi ELAN, l’encadrement des loyers dans le secteur privé devient expérimental. Alors qu’il devait être obligatoire dans 28 agglomérations, il ne sera désormais mis en place que sur la base du volontariat ce qui va limiter ses zones d’application ». C’est là une décision qui satisfait les agences immobilières et d’ailleurs pour Century 21 qui se félicitait d’une telle décision : « L’annulation de l’encadrement des loyers a eu pour effet immédiat le retour des investisseurs » et, précisons, l’augmentation des loyers de 5.7% en un an.

 Quand on vous dit Macron, Président des riches, on ne se trompe pas.

La redaction

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