logo

Les nouvelles de l'Yonne

ECHOS ICAUNAIS

Plusieurs informations inquiétantes ou croquignolesques

 Pour ce qui est des inquiétudes, l’annonce du Président du Conseil départemental, P. Gendreau selon qui il n’y aurait plus grande nécessité de rénover et agrandir voir reconstruire le collège du Nord de l’Yonne. Au moment où l’on sait que la population scolaire est et surtout sera dans les 10 années à venir en hausse du fait de l’arrivée de nouveaux habitants venant de la région parisienne, il y a réellement des questions à se poser sur la capacité de la droite à anticiper. Pour ce qui est d’autre part de la création d’un nouveau lycée toujours sur la même zone la région, concernée pour ce qui est du financement, est muette. Pourtant la question des longs déplacements de ceux qui doivent se rendre au lycée de Sens, celle du désengorgement de ce même lycée, plus gros lycée de Bourgogne en terme d’effectifs est posée depuis de nombreuses années. Ce fut rappelons le un des points forts évoqués en 2012 lors des législatives. Dans l’Yonne au fur et à mesure que le temps passe, on recule.

  Le côté croquignolet nous est offert par Mme la Présidente du Conseil régional. N’ayant sans doute pas grand-chose à annoncer pour cette rentrée, elle vient de sortir du néant le projet autoroutier Troyes-Auxerre-Bourges. Cette idée avait été lancée par le Maire-Ministre Soisson il y a plusieurs décennies. Elle n’a jamais vu le jour et c’est très bien ainsi parce que écologiquement parlant c’eut été une aberration (disparition des terres agricoles et mise en péril de la biodiversité) et un gouffre financier pour l’État et les contribuables. Si les élus de l’époque avaient été un peu visionnaires et surtout de bons gestionnaires ils auraient plutôt choisi la mise en place d’une quatre voies aménagées en utilisant une part de la route existante comme cela a été fait pour ce que l’on appelle aujourd’hui la 20. Résultat : rien n’a avancé et le contournement Sud d’Auxerre est toujours renvoyé aux calendes.

 TER

 La région a encore frappée par l’intermédiaire de M. Neugnot, adjoint aux transports, déjà responsable de bien des dégâts depuis longtemps. Depuis le 1er septembre, les billets TER ne sont plus valables qu’une seule journée ( ?!) Raison invoquée, comme il n’y a quasiment plus de contrôleurs sur la ligne certains en profiteraient pour frauder. Une seule solution Monsieur l’élu, remettre des contrôleurs et vous éviterez ainsi de poser de nouveaux problèmes aux usagers qui en ont déjà bien assez comme cela et vous éviterez les fraudeurs.

 Auxerre, zone d’Appoigny

 Les travaux ont vraiment débuté, M. Ferez, maire d’Auxerre annonce 1500 emplois à venir. Visionnaire ou boule de cristal ?

 

Fête de l’Humanité 14, 15 et 16 Septembre

Les vignettes/bons de soutien sont disponibles auprès des militants et à la Fédération du PCF 89

Il reste quelques places pour le bus du samedi

Réservations/Inscriptions la Fédération PCF 89 30 rue Michelet – Auxerre – pcffd89@orange.fr – 03 86 72 24 00

           

 

  

 

NECROLOGIE

 Les communistes ont eu la douleur de perdre deux de leurs camarades cet été.

 Marie-Claude Pluquin, ancienne athlète d’athlétisme, elle fut bien connue dans le monde sportif auxerrois et souvent remarquée par ses performances. Ce fut également une militante communiste jusqu’au terme de sa vie pour qui les trahisons de Mitterrand en 1983 n’avait jamais été oubliées. 

 Claude Bailly, militant communiste, syndicaliste et associatif fut pendant des décennies très actif sur la Puisaye et l’Auxerrois. (On trouvera ci-dessous les discours prononcés par Bernard Massot et François Meyroune).

 Le Parti Communiste Français salue leur mémoire

 

Marie Claude Pluquin - 11 juillet 2018

 

Claude Bailly 18 juillet 2018

Obsèques Claude Bailly, 24 juillet 2018.

Allocution de Bernard Massot

Il y a 10 ans - c’était pour les élections départementales - à l’issue d’un repas des adhérents du Parti retraités , Claude est venu me débusquer de ma retraite tranquille -trop tranquille- pour me demander d’être candidat sur le canton de Toucy. C’était un des traits de caractère de Claude : solliciter, faire participer les gens dans toutes les activités quelles qu’elles soient.

Depuis nous avons eu une action constante et partagée sur notre Puisaye.

Mais que puis je dire d’un homme que je ne connais que depuis dix ans ?

Claude avait de profondes convictions politiques depuis longtemps et son engagement dans le Parti Communiste était sans faille.

D’abord il avait une idée très forte : celle de la justice sociale. Et les questions qui lui paraissaient fondamentales étaient celles ci :

Comment contrer ce 1% de personnes qui accaparent les richesses mondiales et qui mènent la vie dure aux 99% restants ? Comment lutter contre ces bastilles financières qui tirent leurs richesses du travail des hommes (bien sur avec l’aide d’un personnel politique à leur service) ?

Quand on voit la diversité et souvent l’opposition qui existe dans les 99%, c’est dire que nombre d’entre eux agissent contre leur propre intérêt. Depuis des années on nous enferme dans un faux débat celui de l’austérité. Il faudrait faire des économies. Comme on le voit, les économies se font sur le dos de la majorité de la population laborieuse de notre pays. Jamais l’écart entre les plus riches et les pauvres n’a été aussi grand.

Claude, dans les réponses à apporter, avait un leitmotiv récurrent : celui du rassemblement.

On ne peut gagner que si une grande majorité - dans toute sa diversité - dans notre pays est convaincue que l’on peut mettre en miettes ce système oppressif. Il rappelait l’importance de l’abstention, fruit du manque de démocratie de nos gouvernements successifs.

Claude avait commencé à prendre part à la discussion qui anime les communistes en vue de leur prochain congrès au mois de novembre. Comment s’adapter au monde qui nous attend à travers l’évolution sans précédent des connaissances et de l’avancée de la science ?

Que proposer aux Français pour que la situation change radicalement ?

Claude aurait certainement aimé que vous soyez attentifs à ces propositions.

A l’heure où il est de bon ton de disqualifier, voire de galvauder le mot et l’action politique, Claude en avait une conception plus noble: s’occuper de la chose publique, de nos affaires. Oui mais pas seulement : chercher l’explication du pourquoi. Pourquoi les choses se passent ainsi ?

Le système dit communiste ayant montré ses limites sa désintégration a laissé au capitalisme le champ libre et la toute puissance. Il nous reste à désintégrer ce système.

La vie politique n’étant pas un long fleuve tranquille il arrivait parfois que Claude nourrisse des interrogations, voire des divergences sur les stratégies à adopter.
Mais Claude était un homme, dans toute sa complexité.

Claude était communiste et de fait c’était un humaniste. Une de nos dernières maximes « l’humain d’abord» lui convenait parfaitement.

Homme de culture il participait avec passion à l’activité du Réseau des peintures murales de Puisaye-For terre. Il était attentif à la sauvegarde du patrimoine quel qu’il soit. Et, malgré ses idées matérialistes, il s’intéressait à ces peintures dans les églises racontant les interrogations des hommes dans les siècles passés sur la vie, mais surtout sur la mort. Chercher des explications dans la danse macabre de la Ferté-Loupière où dans le dict des 3 morts et des trois vifs (dont la peinture de Lindry)

Et puis Claude était très convivial. Sa table était largement ouverte et il avait toujours plaisir de faire partager un de ces flacons de sa cave bien garnie.

Que ce soit dans le domaine politique ou celui culturel c’était un homme bouillonnant d’idées (expos, livres, vidéos, BD, conférences) il avait toujours quelque chose à proposer

L’expo qu’il aura préparée pour le 14 juillet à Lindry aura été sa dernière. Il y exaltait les valeurs fondamentales de notre République et regrettait souvent que la Fête nationale ne réponde pas assez à cette exigence.

Claude, tu vas nous manquer !

Il ne faut surtout pas oublier de rendre hommage à celle qui lui apporta un soutien sans faille dans toute cette activité débordante et désormais entourons Geneviève de toute notre affection et de notre attention.

Je sais, Geneviève, mais aussi Marianne, Marc et Tom le vide que laisse la disparition brutale de Claude mais nous tous qui sommes ici le partageons à notre mesure et nous le comblerons ensemble.

Claude Bailly était un homme, un homme communiste.

Claude Bailly nous a quittés.

Que vive le Parti Communiste Français.

*******************

 

Allocution de François Meyroune, au nom de la fédération du PCF

Nous sommes toutes et tous bouleversé.e.s. Personne n'aurait imaginé cette fin tragique, même si nous savions que Claude, depuis quelques temps, était fragilisé.

Les communistes le pleurent et présentent à Geneviève, à Marianne et Marc, à Tom et à leurs proches leurs condoléances fraternelles et toute leur amitié. Alain Raymont, secrétaire départemental du Parti Communiste, me charge de vous transmettre son amitié et son soutien.

Chacun.e se souvient de lui et n'oubliera pas ce camarade plein d'enthousiasme, de gentillesse, d'humanité.

En même temps, chacun.e n'oubliera pas non plus sa fidélité à l'orientation du Parti Communiste, ce Parti qu'il rejoint à la fin de son adolescence.

Je ne paraphraserai pas Picasso en disant 'qu'il était venu au Parti comme on va à la fontaine', mais il y a un peu de ça dans l'adhésion de Claude dans une période tourmentée par la guerre d'Algérie, par l'accession de De Gaulle au pouvoir et par les déceptions des politiques des gouvernements précédents.

Son entrée dans la vie active facilitera son entrée en militance.

Il sortait de l'Ecole Normale d'instituteurs de Moulins sur Allier, son département d'origine. Il était déjà face à des élèves. Il reprit rapidement des études à la faculté de Clermont-Ferrand, au début des années 60, pour étudier l'Histoire et la Géographie et devenir professeur de cette matière.

Pendant ses études universitaires, il milita activement contre la guerre d'Algérie, cette sale guerre coloniale tout en revendiquant l'indépendance de ce pays et de ce peuple. Il agissait avec le PCF qu'il rejoint en 62 après avoir milité à l'UEC, mais aussi avec l'UNEF, le syndicat étudiant, participait aux principales mobilisations de l'époque. Geneviève me disait qu'ils avaient participé tous les deux à la manif du 1er mai 62, peu de temps après l'instauration du Cessez le feu. A ce moment-là, elle attendait Marianne.

Après avoir occupé plusieurs postes dans l'Education Nationale, Geneviève et Claude s'engagèrent dans bien des mobilisations sociales et pacifistes. Ils seront en poste à Dijon où ils vivront le mouvement de Mai 68. Puis ils seront nommés à Auxerre au tout début des années 70. Marc vint au monde en 71.

Claude prit très rapidement des responsabilités syndicales au SNES, d'abord dans son établissement, le lycée Fourrier, lycée qu'il ne quitta que pour partir en retraite.

Très vite, il fut intégré à la vie de la fédération de l'Yonne du Parti Communiste.

Il faut dire que cette période était un peu compliquée et tendue dans la fédération. Et la conclusion des débats ne se traduisait pas toujours par la prise en compte des avis des uns et des autres, mais souvent par des mises à l'écart.

Claude, jeune militant, fut marqué par ces événements. Il en tira l'enseignement que le sectarisme, l'intolérance étaient étrangers à la pratique politique communiste et qu'il fallait privilégier le débat démocratique tout en gardant garder des liens de fraternité entre les communistes.

Je peux témoigner, et je ne suis pas le seul, que toute sa vie Claude resta sur ces principes, partisan d’un libre débat entre camarades où primaient les liens fraternels entre les adhérents.

En cette période, Claude se vit confier des responsabilités importantes dans la fédération, au sein du Comité Fédéral, puis du Bureau fédéral.

Son expérience et sa pratique d'éducateur le conduisirent 'naturellement' à travailler les questions de communication; on parlait de 'propagande' à l'époque.

Comme il avait la 'plume facile', il fut chargé de la rédaction des Nouvelles de l'Yonne, l'hebdomadaire de la fédération.

C'était un travail énorme et Claude souhaitait l'ouvrir à un maximum de communistes pour que l'hebdo devienne l'affaire de toute la fédération, ce qui ne fut pas simple.

Celles et ceux qui ont vécu cette période se souviennent de son assiduité, de sa persévérance et de son dévouement. Il fallait que la feuille tombe toutes les semaines.

Il accomplit cette tâche bien des années et devint un fin connaisseur de la vie politique départementale.

Pendant tout ce temps, les Nouvelles de l'Yonne, façonnée par Claude portaient la parole, les analyses et les propositions communistes dans le département; et ce malgré des difficultés financières considérables. Mais c'était une priorité politique.

Claude était un militant de terrain, dans sa section, dans sa cellule.

Quand la section de Puisaye fut constituée sur un vaste territoire, il y joua un rôle prépondérant.

Claude fut aussi candidat du Parti à bien des élections cantonales. Il y allait avec très peu de chance d''être élu, mais parce qu'il fallait être présent pour porter les idées et propositions du Parti et de la gauche. Il fut parfois le seul candidat de gauche dans le canton.

Il conduisait ses campagnes électorales avec entrain et enthousiasme. Il savait d'ailleurs entraîner des personnes qui n'étaient pas forcément de sa sensibilité politique.

J'insiste sur cet aspect car Claude souhaitait toujours élargir le cercle des militants et travailler avec d'autres progressistes.

Certain.e.s d'entre vous se souviennent du remarquable travail qu'il effectua après les élections présidentielles de 2002 quand le candidat Le Pen réussit à accéder au second tour. Avec des citoyens de sensibilités diverses, Claude sut initier un collectif de lutte contre le FN et rassembler largement pour ce combat contre la 'bête immonde'.

Claude comme tous les militants de sa génération était marqué par le fascisme, le racisme et les exactions commises au nom des idéaux d'extrême-droite. Il savait que lorsque 'les blés sont sous la grêle, fou que fait le délicat'.

Claude était de tous les combats progressistes.

Particulièrement pour la défense et le développement des services publics. Il tenait cette passion de sa profession, mais parce qu'il avait saisi l'importance de cette question pour le développement humain en ville comme en ruralité.

Que de fois, il participa à des combats pour défendre une classe, une école, un collège, un bureau de poste, une structure de santé etc...

Je disais tout à l'heure que son 'truc' c'était la communication. Il savait écrire, et surtout bien écrire.

Mais il savait aussi dessiner en liant humour et contenu politique. A sa façon, c'était un artiste. Ses dessins en portent un témoignage.

Combien de numéros des NY, combien de tracts de Parti furent illustrés avec les dessins de Claude.

J'ai encore en mémoire ce dessin qu'il fit, en 2003, en plein mouvement social contre la réforme des retraites, en croquant le Président de CG et son geste méprisant à l'égard des salariés en lutte à Migennes.

L'utilisation du dessin comme une arme politique relevait de ce qu'il pensait du lien entre le fond et la forme de notre communication.

Nous pleurons Claude Bailly aujourd'hui. Nous nous souviendrons de l'homme communiste qu'il était, de son action, de son engagement et de son dévouement, de sa fidélité aux idéaux communistes, mais aussi et surtout de sa gentillesse et de son attitude fraternelle.

Tout cela sera inscrit à jamais dans nos mémoires tant il était un homme d'une facture à part.

Geneviève, Marianne, Marc, Tom, vous êtes fiers de votre époux, père et grand-père.

Nous le sommes également et ne l'oublierons jamais.

La redaction

 Calendrier
Mois précédent Décembre 2018 Mois suivant
Lun Mar Mer Jeu Ven Sam Dim
1
2
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930
31


En savoir +