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Les nouvelles de l'Yonne

RECENSEMENT, BILAN, PROPOSITIONS

 Macron est Président de la République depuis 2 ans et demi. Avant lui, sous Hollande, mais déjà aussi sous Sarkozy la casse des services publics, celle de la sécurité sociale, celles des indemnités de l’assurance chômage des APL… se poursuit et s’amplifie.

 SNCF : Fermetures de lignes, de guichets, suppression de postes de contrôleurs dans les trains mais par contre de plus en plus de policier et d’agents de sécurité privés dans les gares (quel coût pour ces derniers ?). Investissements des infrastructures en baisse. Tout cela pour préparer les privatisations voulues par l’Europe sans que jamais les gouvernements socialistes ou de droite s’y soient opposés. Bientôt ouverture à la concurrence alors que la Grande Bretagne renationalise des lignes du fait que la privatisation Outre Manche s’avère catastrophique et coûteuse.

 ADP : Les futurs actionnaires privés se frottent les mains mais la collecte de signatures pour un référendum continue et va s’amplifier (voir rubrique Échos de l’Yonne)

 HOPITAUX ET EPHAD : L’hôpital de Longué-Jumelles dans le Maine et Loire est en voie de privatisation vendu à un groupe privé. Ce n’est qu’un début. L’hôpital d’Auxerre croule sous une dette de 26 millions d’euros. Une nouvelle fois il est décidé de fermer des lits, des services suivront et les personnels avec mais ils se battent. Les communistes les rejoindront pour les soutenir le 9 novembre à 14h00 devant le centre hospitalier.

 

 

         

 

 

 

Les EPHAD sont quasiment à la rue, les conditions des personnels et de soins se dégradent. Résultats là aussi, délibérés, de politiques d’attaque des services publics. Les grands groupes privés médicaux pharmaceutiques assuranciels sont au coin du bois.

 ENSEIGNEMENT : Tout le système éducatif français est aujourd’hui en danger, école, collège, lycée mais aussi université. En plus d’une reforme des programmes autoritaire et qui crée de l’injustice entre les lycéens et supprime la liberté pédagogique des enseignants les moyens financiers ne suivent pas. Un seul exemple, la formation des futurs professeurs des écoles est bradée (programmes supprimés) et réduite dans le temps pour les mettre plus rapidement en situation. Dans ce domaine la France manque de candidats de plus on connait comme jamais des démissions nombreuses dès la première année d’enseignement.

 FORMATION PROFESSIONNELLE : La France pouvait être fière d’avoir réussi la mise en place entre 1947 et 1970 d'un grand service public de qualité pour ce qui concerne la formation professionnelle AFPA, Greta, Lycées professionnels, CNAM… Toutes ces structures sont aujourd’hui gravement mises en danger et pourraient disparaître dans les années à venir. Et pour mettre quoi à la place ? Le patronat le sait très bien lui qui depuis 30 ans rêve de conquérir un marché qui s’avèrerait très juteux dans la mesure où ce serait la fin des formations qualifiantes et diplômantes pour les jeunes sortis du système scolaire et les adultes, tout cela au bénéfice de formations d’adaptations aux postes de travail plus courtes mais qui ne permettent en aucun cas la mobilité professionnelle et s’avèrent plus rentables.

 OFFICE NATIONAL DES FORETS : A une époque où plus que jamais la forêt devrait faire l’objet d’une surveillance continuelle, alors qu’il faudrait préserver et développer les essences autochtones le service public est mis à mal. De cela on parle moins mais la souffrance de ceux qui avaient choisi le métier de garde forestier est bien réelle. Comment expliquer autrement le taux de suicide dans la profession ? Résultat il ne se fait rien ou n’importe quoi dans le Morvan où le douglas gagne chaque année du terrain. Là aussi l’objectif est bien d’obtenir une rentabilité financière la plus forte et rapide possible.

 EQUIPEMENT : Il y a vingt ans la réalisation des travaux sur le réseau routier, les ponts… était confiée à un Ministère d’État avec délégation dans les départements. Ces services publics ont disparu, les conseils départementaux sont maintenant en charge d’une grande partie du réseau, les travaux sont délégués à des sociétés privées. Les départements  n’ont pas les moyens financiers nécessaires face à l’ampleur de la tâche. On voit le résultat aujourd’hui et l’on sait que ce sera bien pire au cours de la décennie qui vient.

 On pourrait ainsi multiplier les exemples encore mais partout c’est le même principe : alléger le budget de l’État en confiant la charge au privé. Charge qu’il accomplit bien mal souvent obnubilé qu’il est à satisfaire d’abord ses actionnaires comme Vinci, Engie… par exemple et bien d’autres.

 On oublie seulement de calculer les coûts humains, sociaux, écologiques de tout cela. Mais la note arrive et c’est aux citoyens que l’on demande et demandera de payer.

 RETRAITES, LA CAPITALISATION C’EST DEMAIN : La réforme Macron des retraites qu’une grande majorité des Français refuse c’est le prochain coup de butoir contre l’état social hérité du programme du Conseil National de la Résistance et mis en place en 46-47 par des Ministres gaullistes et communistes principalement.

 La répartition synonyme de solidarité doit laisser place à la gestion individuelle de sa retraite à venir par chacun. Et tant pis pour les femmes, les malades et tous ceux qui auront des carrières incomplètes. Finies les 25 meilleures années, finis les 6 derniers mois pour les fonctionnaires, finis les régimes spéciaux définis en fonction de la pénibilité et./ou des bas salaires en début de carrière. Certes toujours un âge légal de départ mais chacun sait bien que le système de décote incitera ceux qui le pourront physiquement et mentalement à poursuivre leur activité, c’est le fameux âge pivot. Selon les simulations diverses calculées par les syndicats c’est une baisse de 20 à 25% des montants à laquelle on assistera. Ceux qui payeront le plus cher sont ceux qui seront nés après 1963. Mais les plus âgés, donc nés avant cette date, n’ont aucune raison de se sentir soulagés, bien au contraire. La volonté totale de Macron et des siens de vouloir fixer dans le marbre le plafond des dépenses à 14% du PIB provoquera automatiquement une stagnation et par divers mécanismes en plus (baisse toujours plus forte des cotisations patronales) assèchera les comptes de la sécurité sociale.

 La réforme des retraites ce serait dès maintenant la baisse des pensions pour tous. Baisse d’ailleurs déjà en cours du fait du gel du point d’indice pour les fonctionnaires et de l’inflation même minime depuis au moins les dix dernières années pour tout le monde.

 Macron vient de rappeler sa farouche volonté d’aller au bout de sa réforme, ses parrains des banques, assurances, fonds de pension se frottent les mains. Si dès maintenant et notamment le 5 décembre, à l’appel des syndicats ne se manifeste pas une volonté plus farouche encore de l’ensemble du salariat ce sera dans les années qui viennent la bérézina pour tout le monde, le basculement encore plus grand dans la pauvreté et toutes les conséquences qui en découleront.

 1er novembre

Jour noir pour les chômeurs une fois de plus ce sont les populations les plus fragilisées, jeunes et femmes notamment, qui sont frappées. Les règles d’indemnisations passent de quatre mois travaillés à six mois. Les contrats courts en dessous de cette durée ne donneront plus droit à rien. La dégressivité des allocations pour les salariés à hauteur de 3 500 euros va être vertigineuse…

  La Ministre du travail parle d’un dynamisme nouveau de l’emploi en France. Elle devrait sortir de son ministère et fréquenter les files de demandeurs devant Pôle Emploi. Pas aujourd’hui ni dans les jours qui viennent, ce serait là prendre de gros risques. Quant aux demandeurs d’emploi ils n’ont plus qu’à regarder plus souvent de l’autre côté de la rue.

 

 SORTIR DU CAPITALISME : La casse des services publics, la remise en cause du système de retraite par répartition, l’augmentation de la pauvreté, les inégalités, l’appropriation des richesses par une minorité au détriment de ceux qui créent cette richesse… ne sont en rien une fatalité face à laquelle les peuples devraient se soumettre. C’est ce que l’on veut faire croire et c’est hélas trop souvent ce que beaucoup finissent par accepter au nom d’un pseudo réalisme économique.

 Il faudrait se soumettre au marché comme à une volonté divine. Rien n’est plus faux. L’ensemble des richesses produites par le salariat (industrie, services, recherche) les agriculteurs, les petites et moyennes entreprises, les retraités aussi au cours de leurs diverses activités de  bénévoles… suffiraient largement à permettre le développement de chacun dans le cache d’une société soucieuse du respect du à la planète sans lequel la survie même de l’humanité est en cause.

 Depuis sa naissance en Angleterre à la fin du XVIIIème siècle, son développement en Europe surtout au XIXème et au début du XXème siècle, son emprise généralisée dans le monde surtout après 1970-1980, la financiarisation fabuleuse qu’il connaît depuis plus de 30 ans, le système qui nous dirige, le système qui dirige les sociétés porte un nom, il s’appelle le capitalisme. Sa loi unique c’est le profit, sa méthode la prédation de tout le vivant. Tant que nous subirons ce système mortifère, tant que nous accepterons qu’il puisse diriger nos vies, nos désirs, nos modes de vie… nous en serons les victimes. Certains et certaines plus que d’autres au fil des années mais tous à la fin.

 D’aucuns ont cru et croient que ce système est amendable, moralisable. Ceux là ont échoué et l’on voit bien par exemple combien la sociale démocratie a fini par devenir un allié du système et trahi les espérances d’un Jaurès pour ne prendre que lui parmi d’autres.

 Il faut aujourd’hui dépasser le capitalisme. C’est là un long travail, difficile, l’adversaire n’est pas disposé à laisser faire. Il le faut pourtant.

 Cela signifie dans un premier temps que chacun prenne conscience de la nécessité de ce dépassement et qu’en même temps des mesures soient prises. La première consiste à s’assurer le contrôle de la finance, des banques, des systèmes assuranciels. En finir par exemple avec l’indépendance de la Banque Centrale Européenne. En finir avec l’actionnariat parasite. Mais il faudra aussi faire naître une véritable démocratie, dans la cité évidemment, de la commune à l’État, mais aussi dans les services publics dans les entreprises. En un mot que ceux qui font vivre la cité, qui produisent les richesses soient aussi ceux qui décident de son partage.

 Le néolibéralisme, dernier oripeau du capitalisme, est frappé d’obsolescence. Il ne peut de par sa logique même répondre aux défis du 21ème siècle. Défi du travail à l’heure du numérique, du dérèglement climatique, de la démocratie, de la paix… Travailler au rassemblement des forces anticapitalistes, des citoyen-nes, c’est la nécessité absolue de notre temps et notre responsabilité.

 

 

 

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